Pleins feux sur les aidants familiaux
Programme:
Conciliation travail-prise en charge familiale: un défi pour les aidants familiaux en Europe
Nous avons organisé cette
conférence au Parlement européen le 26 juin 2012, afin de mettre en avant les personnes comme vous et
moi qui, dans l’ombre, accomplissent un travail extraordinaire, souvent en
mettant en péril leur propre santé et leur bonheur. Nous voulons encourager la
mise en Å“uvre de politiques globales; demander aux États membres
d’arrêter d’opérer des coupes sombres dans les budgets, ce qui nuit à la qualité
de la prise en charge et, au lieu de cela, d’investir dans la création de
structures et de services permettant une réelle liberté de choix pour concilier
prise en charge et vie professionnelle. 80 % des heures de prise en charge sont
assurées gratuitement par des aidants informels (familiaux). Or, ces heures
consacrées à la prise en charge de membres de la famille sont des heures qui
n’ont pas pu être consacrées à l’emploi rémunéré, à l’inclusion sociale et aux
droits à pension.
Cette conférence était
organisée par la COFACE et EUROCARERS.
Frank
Goodwin, Secrétaire d’Eurocarers, a soulevé plusieurs points très
importants lors de la deuxième table ronde.
Comme l’a fait remarquer la députée européenne
Marian Harkin lors de son allocution
inaugurale, «Ce dont nous allons parler durant cette conférence, c’est de
la vie des citoyens». Elle a également expliqué que les aidants sont le
ciment de nos sociétés, qu’ils sont une force invisible qui agit dans l’ombre,
derrière ses fenêtres. Nos sociétés ne pourraient fonctionner sans les aidants,
et pourtant il n’existe pas réellement de politiques publiques à leur
intention. C’est pourquoi nous avons besoin d’événements conjoints comme
celui-ci pour faire changer les mentalités et réfléchir aux problèmes de
l’isolement, des risques pour la santé et de l’insuffisance de la sécurité
sociale et des pensions.
Annemie Drieskens, présidente de la COFACE, a souligné que «même
dans les pays où la femme n’est plus considérée comme devant s’occuper des
enfants et l’homme comme le gagne-pain, nous constatons souvent que les femmes
consacrent plus de temps que les hommes à s’occuper des autres». La
conférence étant particulièrement axée sur la conciliation des responsabilités
de prise en charge et des obligations professionnelles, l’accent a été mis sur
la situation des femmes.
Nous avons pu réunir des conférenciers fantastiques d’horizons très
variés.
Nous avons entendu
Patricia Pedelabat, représentante de la Commission
européenne, dont la présentation portait essentiellement sur le document de
travail de la Commission sur les services ménagers.
La Présidente de COFACE
Handicap,
Chantal
Bruno, a livré une
présentation très intense sur les difficultés et les souffrances quotidiennes
des aidants familiaux. Elle a été suivie de
Céline Simonin, qui a présenté le partenariat Grundtvig:
« L’auto-évaluation de leurs besoins par les aidants familiaux, un point
de départ pour obtenir de l’aide ».
Mme Simonin est notamment revenue sur les recommandations adressées aux
décideurs européens. Sa présentation a été suivie de la remise officielle des
recommandations à Marian Harkin, qui préside le groupe d’intérêt sur les
aidants au Parlement européen.
Nous avons également entendu
Valentina
Caimi, de la Plateforme
sociale, et
Maciej Kucharczyk, d’AGE
Platform, parler du contexte stratégique actuel, des grands défis à relever et
des mesures que doivent prendre l’UE et les États membres.
Nicholas Crook, membre du CESE, qui travaille également pour UNISON, le plus grand
syndicat du Royaume-Uni et de l’UE représentant les travailleurs du service
public et plus particulièrement des services de santé, a insisté sur les
nombreux défis auxquels est confronté le secteur des professionnels de la prise
en charge, qui ont des conséquences directes sur les aidants informels et
familiaux. L’un des principaux problèmes est que la profession de la prestation
de soins est tellement sous-estimée et sous-payée que même les professionnels
ne sont pas reconnus, ce qui rend la situation des aidants familiaux plus
difficile encore.
Robert Anderson, d’Eurofound, a donné des exemples pragmatiques très utiles de mesures
prises par les entreprises pour permettre à leurs employés de mieux équilibrer
leurs responsabilités de prise en charge. Il a également insisté sur un point important :
le nombre de personnes nécessitant des soins est appelé Ã augmenter tandis que
le nombre de personnes capables de fournir des soins est appelé Ã diminuer.
Actuellement, de nombreux
pays se trouvent déjà dans l’incapacité de pallier les manques avec leur propre
main-d’œuvre, a indiqué
Antje Gerstein (BDA – Allemagne), et ces pays devront faire appel à la main-d’œuvre immigrée
pour assurer les services de prise en charge dont ils ont besoin.
En conclusion, les
perspectives sont bien sombres, Ã moins que nous ne trouvions des mesures de
conciliation efficaces, au niveau individuel et entre les employeurs et leurs
employés, et que nous n’engagions un débat structurel à grande échelle sur les
moyens d’adapter les systèmes existants aux défis que représentent le
vieillissement démographique et la baisse des taux de natalité, l’allongement
de l’espérance de vie et le déclin des économies.