En janvier 2011, la Commission a publié une
Communication relative à la lutte contre l’abandon scolaire, qui s’accompagne de recommandations du Conseil sur les politiques de réduction de l’abandon scolaire. Cette communication est très importante pour la COFACE car l’environnement familial est souvent identifié comme un facteur déterminant pour la réussite scolaire. Comme la Commission et le Conseil le font très justement remarquer, un handicap socioéconomique ou le faible niveau d’éducation des parents figurent parmi les principaux facteurs d’abandon scolaire.
La COFACE se félicite des appels à l’action et du programme proposés par la Commission et le Conseil pour combattre l’abandon scolaire. Plusieurs propositions méritent d’être épinglées: (1) offrir une éducation et un accueil préscolaires de qualité; (2) soutien linguistique systématique et soutien en général aux enfants issus de l’immigration; (3) politique active de déségrégation dans les écoles; (4) perméabilité des parcours éducatifs; (5) participation et coopération accrues des parents; (6) subordonner l’aide financière aux familles à la fréquentation scolaire et (7) intégrer la lutte contre l’abandon scolaire dans toutes les politiques pertinentes de l’UE.
La COFACE tient toutefois à souligner quelques lacunes dans ces recommandations.
Tout d’abord, l’appel à l’intégration de la lutte contre l’abandon scolaire dans toutes les politiques de l’UE est (du moins jusqu’à présent) tout simplement irréaliste: les progrès engrangés par l’UE sont encore très timides dans le domaine de la conciliation de la vie professionnelle et la vie familiale et pour ce qui concerne la directive relative au congé de maternité, sans parler du congé de paternité.
Ensuite, lorsque le Conseil recommande «le soutien et la responsabilisation des professeurs» afin d’améliorer leurs compétences, il faut savoir que cela se traduit souvent par une intensification des formations des professeurs et par de lourdes responsabilités qui ne s’accompagnent d’aucune revalorisation salariale et d’aucune reconnaissance formelle de l’augmentation de la charge de travail. Dans de nombreux pays, les réunions des conseils de professeurs ou les cours de rattrapage ne sont pas repris dans les «heures de travail» normales.
Troisièmement, les activités extrascolaires ne doivent pas se faire uniquement en dehors de l’école (comme le propose le document du conseil) mais aussi au sein de celle-ci. L’intégration des activités de loisirs dans les écoles contribue en effet à donner une image «positive» de l’environnement scolaire et à lutter contre l’abandon scolaire puisqu’elles incitent les élèves à aller à l’école.
Enfin, nous tenons à faire remarquer que de nombreuses autres mesures de soutien doivent être mises en œuvre à l’intention des parents, notamment des programmes d’éducation et de formation tout au long de la vie ou des mesures destinées à renforcer la participation des parents à la vie sociale et culturelle. Les organisations familiales contribuent à cette participation active et à l’éducation et à la formation tout au long de la vie en publiant des magazines qui abordent des questions liées à la parentalité, en organisant des séances de formation, des groupes de discussion et d’autres événements à l’intention des parents. Pour être efficaces, les stratégies de lutte contre l’abandon scolaire devront avant tout soutenir et impliquer les organisations de la société civile.