NOUVELLES
L’Europe
reporte le vote sur le projet de quota de femmes
Octobre 2012
Le 23 octobre, la Commission
européenne a suspendu le projet visant à obliger les entreprises à attribuer
40% de leurs sièges du conseil d’administration à des femmes. En effet, la
légalité de la proposition a été remise en cause et le projet fait face à une
rude opposition au sein de l’UE. Viviane Reding, commissaire européenne à la
Justice et auteure de la proposition de loi, a précisé que ce report laisserait
le temps aux commissaires de réfléchir pour trouver un compromis.
Mark Gray, porte-parole de M. Barroso,
le Président de la Commission, a déclaré que l’organe avait «décidé de
s’accorder un peu plus de temps afin de parvenir à un accord ambitieux» et
qu’il se réunirait à nouveau le 14novembre pour discuter de la
proposition de loi.
La commissaire Reding entendait imposer
des sanctions telles que des amendes ou le blocage des nominations lorsqu’un
conseil d’administration favorisait un des deux sexes de manière excessive. La
proposition de loi avait été rédigée de manière telle que les conseils
d'administration n'étant pas composés d'au moins 40%
d'hommes pouvaient aussi être sanctionnés.
À la COFACE, nous suivons évidemment ce
débat de près. Nous sommes en faveur de l’égalité des sexes et nous
estimons absurde le fait que les femmes soient moins nombreuses que les hommes
à occuper des fonctions dirigeantes alors qu’elles sont plus nombreuses à être
diplômées de l’enseignement supérieur.
Toutefois, celles qui doivent prendre
soin de jeunes enfants, de parents âgés ou de personnes handicapées au sein de
la famille pourraient ne pas être en mesure d'accepter de telles
responsabilités, parce qu'elles savent l'investissement en temps que requièrent
ces fonctions les soirs et le week-end. C’est pourquoi
de meilleures politiques
de conciliation doivent être mises en place pour toutes les femmes, dans toutes
les fonctions. Nous espérons que, ce faisant, nous pourrons atteindre
l’équilibre voulu. Il s’agit d’une approche plus ascendante que celle proposée
par la commissaire Reding, mais dont nous sommes convaincus qu’elle pourrait
s’avérer efficace.
Pour lire l'un des discours de la commissaire Reding sur les quotas,
cliquez ici
Une recherche-action portant sur la participation des hommes à la prise en charge des responsabilités parentales et familiales a été menée par la COFACE en partenariat avec l’Institut fédéral belge pour l’égalité des femmes et des hommes et avec le concours de sept associations membres de la COFACE.
L’investissement des femmes dans le travail professionnel a une visibilité immédiate puisqu’elle prend place dans la sphère publique. Par contre, la participation des hommes au travail familial n’entre pas dans la même dynamique de valorisation sociale.
La prise en charge des tâches domestiques et familiales par les hommes paraît bien plus "révolutionnaire” en termes de changement des normes et des valeurs établies que l’investissement des femmes dans l’activité professionnelle.
L’intégration du temps familial dans l’organisation du temps travail apparaît de plus en plus comme la condition sine qua non d’une application réussie du
principe d’égalité entre les femmes et les hommes. Toutefois, pour qu’il en soit ainsi, il se révèle nécessaire de repenser le concept de réconciliation de la vie professionnelle et familiale en termes universels, c’est-à-dire en termes incorporant les attentes et les besoins des hommes et des femmes et non plus exclusivement ceux des femmes, comme cela a été trop souvent le cas jusqu’à présent. Ces termes universels ne peuvent résulter que de compromis entre les besoins et les attentes des hommes et des femmes en temps à consacrer à la vie familiale.
Dans le cas particulier de la famille,
les hommes doivent se rendre compte que l’avenir de l’égalité en son sein dépend en tout premier lieu d’eux, de leur volonté et de leur capacité à négocier et à imposer socialement la légitimité de leur présence au foyer pour s’occuper et prendre soin de leurs enfants ou d’un autre membre de la famille dépendant. A cet égard, les pères qui se retrouvent seuls avec des enfants à charge, et qui doivent dès lors faire face à la situation, pourraient servir de fer de lance au changement.
L’organisation de l’égalité réelle des droits entre les sexes ne peut se limiter à la sphère professionnelle et publique, même si celle-ci demeure essentielle. Elle doit aussi s’étendre à la sphère privée, dans laquelle la famille occupe une place privilégiée, sous peine de prolonger indéfiniment les inégalités de genre existantes entre les sexes.